LA TRAITE DES PERSONNES : UN FLEAU QUI TOUCHE AUX DROITS DE L’HOMME.

Réseau de Lutte contre la Traite des Enfants au Togo (RELUTET) avec l’appui financier de l’ambassade de France, a commandité une étude dont l’objectif vise à contribuer efficacement à la lutte contre le phénomène de la traite des personnes au Togo, en particulier dans la région Centrale, en le documentant à travers des données qualitatives et quantitatives.
L’enquête, a été organisée du 3 au 13 décembre 2018 par une équipe constituée d’un consultant principal et de cinq (5) assistants. L’équipe a effectué cette étude en se référant à des sources secondaires – à travers l’analyse de contenu des documents existants – et des sources primaires, grâce aux entretiens semi-structurés organisés avec 104 acteurs victimes.

RESULTATS OBTENUS : Au terme de cette étude, d’importants résultats ont été obtenus.
La traite des personnes dans la région centrale touche toutes les personnes sans distinction de sexe. Les victimes sont majoritairement les enfants et les jeunes de moins de 30 ans et donc principalement célibataires.
Les différents trafiquants y œuvrent de manière organisée ou non organisée. Ceux qui opèrent de manière non organisée sont souvent des membres de la famille de la victime, des commerçants, vivant dans les grandes villes ou des amis. Ils coopèrent parfois avec les transporteurs (taxi ou taxi-moto) pour faciliter les mouvements des victimes vers les grandes agglomérations du Togo ou hors du pays.
Entre autres types d’exploitation dont sont victimes ces jeunes, on distingue l’exploitation par le travail dans le secteur du service, du commerce, de l’agriculture et des pires formes de travail des enfants, l’exploitation par le travail dans les mines d’or artisanales, l’exploitation sexuelle et la prostitution jeunes filles.

La traite des personnes dans la région centrale revêt la forme de traite interne et externe ou transfrontalière. La région centrale est une zone de départ et transit des victimes de traite des personnes.
L’enquête a révélé que plusieurs facteurs, tant sociologiques, historiques, anthropologiques qu’économiques, regroupés autour de l’offre, la demande et la faiblesse des réponses institutionnelles, favorisent ou expliquent la traite des personnes dans la région centrale
Rappelons que la traite des personnes est un fléau qui touche aux droits de l’homme dans la mesure où elle viole la dignité et l’intégrité des individus, leur liberté de circulation et même dans certains cas, leur droit à la vie. Elle est considérée comme la troisième forme de criminalité la plus répandue dans le monde, après le trafic d’armes et le trafic des stupéfiants.
Pour lutter contre cette pratique, le Togo a pris des mesures juridiques dont la loi N0 2015-010 du 24 Novembre 2015 portant nouveau code Pénal. Ses dispositions allant de l’article de 317 à 334 donnent des clarifications sur la définition de la traite des personnes et sur les peines prévues en fonction des circonstances et conséquences engendrées à la victime de la traite des personnes.

Source : Réseau de Lutte contre la Traite des Personnes au Togo (RELUTET).